26/01/2008

Le procès ludique de Bruno Cathala

Justice est sur le point d'être une nouvelle fois rendue. Le très populaire Bruno Cathala s'avance à la barre pour une audition qui s'annonce à la hauteur du personnage. Merci à lui pour ce moment irrésistible (et pour la photo diabolique) !

Seb et Bruno Cathala

Présidente de la cour :Roxane

Greffier : Sebastien

Jury : Les Ouvre-Boîtes

Accusé, levez-vous, veuillez décliner vos nom, prénoms, âge et qualité...

Alors dans l'ordre:- Des Montagnes- Bruno et c'est tout- 44 ans jusqu'à preuve du contraire- Oui, plein, mais faut pas le répéter.

Savez-vous pour quelles raisons vous apparaissez devant cette cour ?

Il s'agit incontestablement d'une erreur judiciaire, je ne vois pas d'autre explication. Ou alors quelqu'un m'a vu sur scène au théâtre ou entendu jouer de la guitare, et dans ce cas je plaide coupable pour atteinte au bon goût, votre honnoritude.

Veuillez rappeler aux jurés à quelle époque et en quelles circonstances vous avez commencé à vous adonner aux jeux de société ?

En tant que joueur.. c'était once upon a time, c'est à dire un peu avant naguére, dans les années bissextiles... Une époque où j'avais des cheveux, un short, et moins de 10 ans, et où mes parents instituteurs dans un patelin de moins de 200 habitants paumé dans la montage avaient sympathisé avec le couple d'instituteurs du village voisin (ces bêtes là se reconnaissent entre elles, communiquent entre elles dans un langage étrange compris que d'elles seules, et souvent même, se reproduisent entre elles, ce qui donne des résultats euh.. comment dire.. ben vous voyez, quoi...). Couple voisin, donc, qui avait des enfants un peu plus grands que nous et qui nous ont entrainés, ma soeur et moi, dans des parties de Monopoly, tout d'abord, puis de Richesses du Monde pendant que les adultes parlaient politique à table.

En tant qu'auteur, c'est en 2000, pour fêter le nouveau millénaire, ma séparation récente, et me changer un peu les idées le soir en sortant d'un boulot consacré à la vie intime des atomes de Tungstène,  que je me suis lancé dans la création de mon premier prototype, Sans Foi Ni loi, qui aura finalement été publié en 2002.Bref, votre honneur, chacun pourra constater que des parents instits et politisés, une soeur, l'obligation de jouer au monopoly, une séparation, et les atomes de Tungstène, constituent autant de circonstances atténuantes, voire même exténuantes, dans l'affaire pour laquelle je com-parais (et non pas l'inverse, veuillez cessez vos ricanements sinon je fais évacuer la salle, merci).

Quel est, de votre propre avis, le pire forfait de votre carrière ludocriminelle ?

Le Félon dans les Chevaliers de la Table Ronde...

Oui, je l'avoue, faire un jeu de coopération, mais dans lequel il est possible (mais jamais certain) que l'un des joueurs soit en réalité un félon tentant de mener les chevaliers à leur perte, conduisant ainsi une tablée d'amis à se regarder avec méfiance et même inquiétude lorsque l'action de l'un d'entre eux ne semble pas la plus adaptée fac à la menace du moment, les poussant ainsi à s'accuser, le plus souvent à tort, c'est mal... très mal...

MAIS C'EST BON, TROP BON !!!ha haha ha hahahahahahahaha (rire diabolique).

Bruno en lucifer

Lancer des dés, poser des tuiles, lever des plis, quel modus operandi préférez-vous et pourquoi ?

Aucun , votre honnorisme !!

En effet, vous vous égarez en confondant la fin et les moyens.Lancer de dés, pose de tuiles, plis, etc, ne sont que des moyens, des outils au service d'une fin unique, tenter de créer un vrai moment d'interaction, de partage, de plaisir, entre amis ou en famille réunis autour d'une table, le temps d'une partie.

Peu importe le vin, pourvu qu'on ait l'ivresse !

Quels sont vos éventuels complices préférés et pourquoi êtes-vous prêt à les couvrir ?

Mes complices préférés sont:

  • Bruno Faidutti, parce que je lui serai toujours reconnaissant du coup de pouce du départ,
  • Serge Laget, parce qu'il est le grand frère que je n'ai pas eu,
  • Ludovic Maublanc, pour ses inspirations d'ombre et de lumière ;-)
  • Sébastien Pauchon, parce que nous avons en commun la haine de certains pandas
  • Malcolm Braff, parce que un suisse peut en cacher un autre
  • Antoine Bauza, parce que nous avons en commun l'amour d'autres pandas.

Mais n'allez pas leur chercher des histoires... si certains méfaits ont été commis en communs, c'est juste parce que j'ai usé de menaces à leur égard ! What else !

Auprès de quels dealers (auteurs, éditeurs) de frissons ludiques vous approvisionnez-vous avec le plus de fréquence ?

Votre honorité, je ne suis pas un serial gamer et à ce titre n'ai pas besoin de cure de désintoxication.Je n'ai donc pas non plus de syndrôme compulsif systématique à la sortie du dernier jeu de tel auteur ou tel éditeurJe ne peux donc que parler de mes coups de coeur du moment:

- Marrakesh (de Domique Erhardt chez Gigamic. Un auteur avec lequel j'aimerai beaucoup commettre un casse ludique dans le futur)

- Metropolys (de Sébastien Pauchon chez Ystari, pas encore sorti mais j'ai joué sur le proto).

Avez-vous des remords à exprimer ? Si oui, lesquels ? Si non, pourquoi ?

Aucun remord. J'assume tout ce que j'ai pu commettre jusqu'à présent et ai bien l'intention de continuer... pourvu que les commanditaires continuent à me faire confiance, ce qui n'est jamais gagné d'avance.

Vous pouvez vous rasseoir, le jury se retire pour délibérer...

...

Monsieur CATHALA Bruno, après délibération, le jury vous reconnaît coupable de ludopathie chronique et d'association de ludofaiseurs. La cour vous condamne dès lors à entamer toutes vos futures parties de jeux de société en costume de Lucifer. De plus, vous devrez effectuer des travaux d'interêts ludiques pour le plus grand plaisir de tous!

21:35 Écrit par Les Ouvre-Bo dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les proces ludiques |  Facebook |

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