09/02/2008

Le procès ludique de Didier Delhez

Dans le cadre du premier mois de leurs auditions juridiques, les Ouvre-Boîtes entendent Didier Delhez. Rédacteur en chef du magazine plato, le prévenu doit répondre de deux graves accusations : avoir été l'un des catalyseurs de la création de notre club et avoir alimenté la ludothèque du club grâce aux concours du magazine précité.

delhez

Présidente de la cour : Roxane

Greffier : Sebastien

Jury : Les Ouvre-Boîtes

Accusé, levez-vous,Veuillez décliner vos nom, prénoms, âge et qualité...Savez-vous pour quelles raisons vous apparaissez devant cette cour ?

Je dois être en retard pour ma TVA ou mes cotisations sociales, non?

Veuillez rappeler aux jurés à quelle époque et en quelles circonstances vous avez commencé à vous adonner aux jeux de société ?

Il y a eu la période ado où j'ai découvert les jeux de société par le truchement du légendaire Jeux & Stratégie. J'y lisais la description des règles de jeux avec grand plaisir. Puis j'ai bifurqué vers les jeux de rôle grâce à Casus Belli. La vie active a ensuite pris le dessus, mais je suis revenu au jeu quand j'ai eu des enfants… comme beaucoup d'autres, je crois.

Quel est, de votre propre avis, le pire forfait de votre carrière ludocriminelle?

Sans doute d'avoir délaissé le jeu de société pendant dix grosses années. Honte à moi.

Lancer des dés, poser des tuiles, lever des plis, quel modus operandi préférez-vous et pourquoi?

J'aime beaucoup les jeux familiaux qui cumule de la stratégie et un peu de hasard bien géré. Par exemple Roborally correspond vraiment à cette définition. J'ai de plus en plus de mal à jouer à des jeux trop pointus qui durent des heures et des heures. Cela tient sans doute aux personnes avec qui je joue.

Quels sont vos éventuels complices préférés et pourquoi êtes-vous prêt à les couvrir ?

Des amis, avec leurs enfants, souvent. J'aime beaucoup mêler les enfants à des jeux plus adultes. Si besoin est, je simplifie les règles pour les mettre à leur portée. Voir ce que des enfants sont capables de tirer de jeux compliqués est très gratifiant, quand on a passé un après-midi à leur apprendre à jouer.

Auprès de quels dealers (auteurs, éditeurs) de frissons ludiques vous approvisionnez-vous avec le plus de fréquence ?

Je suis plus adepte de certains éditeurs que d'auteurs particuliers. J'admire par exemple le travail d'édition de Days of Wonder, leur savoir-faire et leur professionnalisme. L'aspect illustratif de Dreie Magier Spiele et l'inventivité de leurs jeux pour enfants me ravi aussi. Par contre, j'ai beaucoup plus de mal avec les jeux abstraits, car un univers, même s'il est artificiellement collé sur une mécanique, apporte un côté sexy indispensable, à mon sens.

Avez-vous des remords à exprimer ? Si oui, lesquels ? Si non, pourquoi ?

Je suis un peu désolé de ne pas aimer tous les jeux; je parle de ceux édité en dehors des «majors». Je connais le travail et l'implication que cela demande d'accoucher d'une création, ludique dans le présent cas. Il serait formidable que chaque jeu soit récompensé par un succès au moins d'estime, eu égard au temps passé à le développer. C'est une belle utopie.Malheureusement, beaucoup de jeux n'ont que peu d'intérêt, et ne trouveront jamais preneur. Quel dommage, dès lors, toute cette énergie dépensée en vain.

Vous pouvez vous rasseoir, le jury se retire pour délibérer...

...

Monsieur DELHEZ Didier, après délibération, le jury vous reconnaît non-coupable de tous les chefs d'accusation. La cour espère que cet acte de clémence vous incitera à vous pencher rapidement sur (moquerie au propos rétroactivement nul et non avenu, effacée à la demande du grâcié).

20:40 Écrit par Les Ouvre-Bo dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les proces ludiques |  Facebook |

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